Et tu appelles ça roman ?

«Et tu appelles ça roman ?» Ne pas entrer dans ces conversations. On a déjà donné merci. Il existerait une frontière définie entre l’invention et le réel ? Il n’y a pas de fiction qui ne la déplace. De ce déplacement, organiser savamment la scène : c’est cela qui définirait non pas le genre, mais ces livres qui le représentent au plus haut. Failli rayer, dans le texte, la mention d’Au dessous du volcan, à cause de ce manuscrit perdu par Lowry dans l’incendie de sa maison (ce dont nous avions d’ailleurs parlé avec les Rolin, qui connaissaient le lieu, à Calgary, de l’incendie). «Ce n’est pas du roman»: l’attaque de Jérôme Lindon, dès 1985, à la première version de mon Enterrement, où tout, lieux, personnages, paroles (scène en cut-up faite uniquement de phrases concernant les enterrements dans la littérature : dans l’Ulysse de Joyce, dans les Karamasov, dans Bleak House, dans la Correspondance de Flaubert, dans les Lettres de Van Gogh, il n’avait rien vu), était reconstruit, fictif – n’être par sorti de la rupture. «On écrit toujours avec de soi.» (Barthes)

François Bon

«L’incendie du Hilton»

Albin Michel

image http://www.uclouvain.be/367808.html

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Et tu appelles ça roman ?

  1. Citation de Barthes qui appuie très justement les remarques de l’auteur sur l’invention et le réel.

  2. Choix, en plus, d’une belle photo…

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