En montant vers les hôtels – Flocoon Paradise

On était parti depuis moins d’une minute quand le miracle s’est produit. Toute la vallée s’est éclairée sous nos yeux.

Un spectacle fabuleux. Une nuit magique, un paysage de conte de fées. Des projecteurs ont été installés du plus bas de la station, bien en dessous des hôtels à 1303. Les cubes de béton aux noms d’oiseaux ont pris une apparence presque humaine, colorés par une batterie impressionnante de spots. Des réverbères design aux luminaires en forme de cristaux de neige balisent toutes les routes du site depuis le pont d’accueil en néon que l’on distingue, loin, à l’entrée de la vallée. Tout s’allume progressivement. Le site s’illumine jusqu’au sommet des pistes que l’on commence à apercevoir. Une centaine de mètres en dessous de notre cabine serpente la seule route qui mène à 1909. On aperçoit l’autocar qui monte péniblement ; la déclivité est impressionnante. Les pentes abruptes de la vallée ont été équipées de puissants éclairages qui font ressortir les premières plaques de neige. Les forêts de mélèzes prennent un aspect majestueux. Je les soupçonne d’avoir coloré les projecteurs en fonction des essences composant les bois de résineux. À chaque passage de pylône, notre cabine frémit, provoquant un petit cri incontrôlé chez madame Atlan. Son mari fait preuve de compassion :

Putain, Rachel ! Retiens-toi.

On passe à l’aplomb d’une crête abrupte sur laquelle gambadent des bouquetins. Spectacle touchant d’une nature préservée, respect suprême des aménageurs. Sauf que les bouquetins gambadent rarement la nuit. Je braque mon téléobjectif vers cette curiosité de la nature, c’est bien ce que je redoutais.

Les automates sont criants de vérité. Gabrielle me tape doucement sur l’épaule :

– Rappelez-vous, Ray, ce que je vous ai dit pour vos photos ! Elles seront toutes visées par Cooncom avant diffusion.

– Si tout est aussi authentique que ces malheureuses bestioles empaillées, ils n’auront pas à se fatiguer beaucoup avec mes clichés. J’ai pas envie de passer pour un con avec des photos d’animaux diurnes prises la nuit.

Philippe Carrese

« Flocoon Paradise »

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504073

image http://candideresiste.blogspot.com/2010/08/voyage-dans-les-alpes-4.html

bon ça ne colle pas vraiment mais j’aime bien

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour En montant vers les hôtels – Flocoon Paradise

  1. En montagne, tout nous semble irréaliste si une neige abondante en recouvre les versants. D’une beauté à faire frémir.

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