« Les châteaux de sable » (fragment) – Genova

En 1346 Sainte Brigida a laissé à la ville de GEnova un quartier, une tentation et un sort.

Santa Brigida, débarquée à GEnova de Chypre, reçoit des autorités cléricales l’autorisation de fonder un couvent qui a la particularité de recevoir à la fois des frères et des sœurs.

Pour éviter que les pénitents ne se croisent, on bâtit un réseau complexe de ruelles pentues pour chaque sexe.

Le monastère est élevé sur l’actuel quartier de Prè, avec la commanderie comme façade maritime, et remonte jusqu’au point de l’actuelle via Balbi sur les contreforts de Castelletto.

Le percement des rues modernes du XVème au XIXème siècles a détruit le couvent, et la piazza Santa Brigida en marqua sans doute le point central originel. Une colonne, un bas-relief, et une place en célèbrent la disparition.

Plus tard, les nouveaux pontifes n’acceptent plus la tolérance et les “frères” de Brigitte seront contraints de quitter les lieux. C’est la tentation.

On retrouve encore le système mixte dans le dédale des rues, qui a peu changé depuis le XIVème siècle. C’est le quartier.

A l’heure de sa mort, après tant d’épreuves et de combats, la sainte a finalement lancé un sort, qui plane encore aujourd’hui sur la ville : « Un giorno il viandante che passerà dall’alto dei colli che riunizono Genova, accennando con la mano i lontani cumuli di deliti, dirà laggiù fu Genova »

On peut augurer avec la sainte que la ville finira en cendres, mais sans l’avantage d’être canonisé comme elle, on se sent solidaire à la fois des ruines, des peuples malheureux de Prè, ou de la femme en pleurs qui fait la manche du côté des palais de jadis, aujourd’hui labélisés Unesco.

Benoît Vincent

dans la Revue d’Ici là 8

« la forme d’une ville change plus vite hélas

que le coeur d’un mortel »

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505544/d-ici-là-n-8

image http://fotoscatti.wordpress.com/

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
Cet article, publié dans lectures, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour « Les châteaux de sable » (fragment) – Genova

  1. La mort peut se montrer cruelle en étant fossoyeur de certaines œuvres passées dans l’oubli

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s