Marseille, janvier 1806

soleil superbe, pas un nuage, on a trop chaud au soleil ; aujourd’hui, 26, au soir, il a plu toute la journée, et je ne pourrais pas supporter le feu. Temps magnifique, hiver passé incognito, je n’ai souffert du froid qu’en brumaire avant que Meunier se fût décidé à faire du feu. Je regretterai souvent ce temps à Paris.

Il vient d’y avoir une scène dans la maison. Un homme demande M. N. au quatrième, il monte, écoute à la porte, on envoie de la lumière, crainte que ce ne fût un voleur ; forcé par cela, il entre et se met à souffleter une femme qui était là et qui lui dit : «Finis donc !». Il lui fait descendre les degrés à coups de pied dans le cul, il lui en donne un si grand, une rampe au-dessous de ma porte, qu’il lui en fait sauter une toute entière : elle va donner de la tête contre la porte du grand salon, les quatre filles de la maison (Victoire, Rosette, Madelon, la soeur de Rosette qui est grosse) sont témoins de cela, elles croyaient que la pauvre malheureuse allait se tuer, tant ses chutes étaient grandes.

Ce spectacle charme Mme Couturier, ça l’amuse, la secoue.

Victoire en était étonnée, comme je suis à une bonne tragédie.

Madelon, supérieure à la sensation, n’en était point occupée comme la petite Victoire, était fachée de n’avoir pas pu prendre l’homme au collet.

Celui chez qui était cette pauvre petite a été assez lâche pour ne pas la défendre.

C’est une couturière, vingt ans peut-être, très jolie, dit Victoire, les lèvres usées….

Stendhal

«Journal»

folio classique

image http://www.pronet33.com/pages/services/entretien-immeubles.html

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Marseille, janvier 1806

  1. Comment pourrais-je dire… me semble que cette actualité d’hier est toujours présente de nos jours et les plaisirs d’hier sont toujours partagés par certains individus encore aujourd’hui… L’humanité semble figer dans ses travers…

  2. Arlette dit :

    Souvent » piplette » ou piplet( je ne sais si le masculin existe) L’ami Stendhal

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