Devant l’hôtel, la nuit de l’incendie

On allait attendre combien de temps, sur ce trottoir en plein vent, avec – 8° Celsius au compteur et à peine habillés (j’avais pris mon ordinateur par une sorte de réflexe, mais pas mon téléphone, et donc pieds nu dans mes chaussures). Instinctivement regarder là-haut : dans les images classiques d’incendie, des flammes rouges sortent des fenêtres. Et dans les scènes de guerre ou d’attentat, l’armature du bâtiment apparaît soudain dans la nuit, toutes parois éclatées, avant que tout s’effondre. Une tour en feu, lesquels de nous n’avaient pas vu ça dans les films ? Mais non, rien. Il y a bien un épais dégagement de vapeur blanche, mais c’est le joujou du Hilton, pas vraiment un modèle d’économie : au douzième étage, avec juste en surplomb les trois étages restants, une piscine chauffée à l’air libre en toutes saisons. L’hiver, l’évaporation est massive, continue. Nous nous y étions risqués : on redescend d’un étage par rapport au niveau des chambres (encore l’impression de marcher dans un sous-sol si trompeuse par rapport à cette situation perchée), puis suivre le long couloir, tourner à gauche et encore à gauche. Là, on laissait le peignoir, on vous remettait si vous le souhaitiez une serviette. On descendait par quelques marches de carrelage dans un étroit sas avec tunnel sous double paroi de polyuréthane qu’on repoussait de la tête en nageant – et voilà, on était sous le plein ciel avec les stalactites de glace, les reflets du soleil naissant sur les buildings en surplomb, le fantasme de la ville se mêlait un instant à ce goût qu’on peut avoir de nager.

Donc, d’en bas, sur le parking, se dire que l’incendie ne peut être si grave, puisque pas de flammes ni d’explosion, pas de périmètre de sécurité dans le quartier.

François Bon

«L’incendie du Hilton»

Albin Michel

image http://www.paperblog.fr/2243256/l-incendie-du-hilton/ assombrie par Brigetoun 

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Devant l’hôtel, la nuit de l’incendie

  1. Dans les pays nordiques ces bains d’hiver sont des épreuves que je n’affronterais plus. Il en existe encore à Montréal et au Québec. Brrrr… il fait froid.

  2. Arlette dit :

    Les incendies …………c’est après l’horreur car on ne veut pas y croire vraiment

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