Martinique

Lecture sauvage

 

Du côté des mornes soudain c’est l’étendue qui pousse se charrette dans l’éblouissement

Au moulin des usines ma pauvreté sourit des pouvoirs de la terre

Dans les cicatrices des cannes dans les tibias noir toujours

L’eau tant de fois clamée rougit de l’attouchement de ma voix

Resurgi voici du fond coléreux des embrassades mon bond dans le piétinement.

 

À même les hougans feuillus de la patience

ah je n’en veux pour preuve que le dernier voyage de ma lassitude entre les feuilles sèches de la mousson

la floraison des îles la géographie mousseuse des îles sur les mers éventrées

nos cantiques nos fronts barrés de sources nos pieds bourrés d’orages

 

Coupe coupe de ton long geste d’aurore où les oiseaux cherchent en vain à se nicher

Entre les mailles du tam-tam malgré moi chavire la terre

 

Du côté des vents en balafre la pesée des épaules dans l’étincellement

les nuits d’embauche pour la nuit.

 

 

Edouard Glissant

« Le Sang rivé »

image http://www.azurcaraibes.com/fr-martinique-information-galerie_photo.html

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Martinique

  1. La force de l’image en beaux mots : Au moulin des usines ma pauvreté sourit des pouvoirs de la terre

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