Marais salants de Guérande

Toute grande âme en venant là, sera saisi par les beautés spéciales du paysage qui déploie ses savanes après le parc, dernière végétation du continent. Ces tristes cours d’eau saumâtre, divisés par les petits chemins blancs sur lesquels se promène le paludier, vêtu tout en blanc, pour ratisser, recueillir le sel et le mettre en mulons ; cet espace que les exhalaisons salines défendent aux oiseaux de traverser, en étouffant ainsi tous les efforts de la botanique ; ces sables où l’oeil n’est consolé que par une petite herbe dure, persistante, à fleurs rosées, et par l’oeillet des Chartreux ; ce lac d’eau marine, le sable des dunes et la vue du Croisic, miniature de ville arrêtée comme Venise en pleine mer ; enfin, l’immense océan qui borde les rescifs en granit de ses franges écumeuses pour faire encore mieux ressortir leurs formes bizarres, ce spectacle élève la pensée tout en l’attristant, effet que produit à la longue le sublime, qui donne le regret de choses inconnues, entrevues par l’âme à des hauteurs désespérantes.

Honoré de Balzac

« Béatrix »

image http://lapetitepaludiere.wordpress.com/

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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