travail – mathématicien

C’était encore le plein été. Petros, libre d’obligations universitaires, se mit tout de suite à la rédaction de la monographie sur ses deux importants théorèmes, accompagnés de leur démonstration. Lorsqu’il passa en revue ses dix années de labeur sous la forme concrète de la méthode analytique, avec un début, un milieu et une fin, sans faille ni lacune, Petros ressentit une vive satisfaction. Quoique incapable encore de prouver la conjecture, il n’ignorait pas la réelle valeur de ses tableaux et était confiant : la parution de ses deux théorèmes lui assurerait ses premiers lauriers. (On l’a déjà dit, il tenait pour rien la « méthode Papachristos pour la solution des équations différentielles » et ses applications pratiques.) Il pouvait désormais se bercer de rêves de gloire réconfortants. Il lisait, en imagination, les lettres enthousiastes de ses confrères, il entendait les témoignages de félicitation de la faculté, il recevait des invitations à donner des conférences sur ses découvertes dans les plus prestigieuses universités. Il pouvait presque envisager des titres honorifiques, et des prix internationaux. Pourquoi pas ? Ses théorèmes le méritaient.

Au début de l’année universitaire, Petros reprit ses cours, tout en continuant à travailler sur la monographie. À sa vive surprise, il éprouva pour la première fois du plaisir à enseigner. Les efforts à fournir pour le plus de clarté possible le charmèrent et, en outre, l’aidèrent à une meilleure compréhension des sujets traités. Le doyen de la faculté de mathématiques se réjouissait manifestement, non seulement de l’amélioration pédagogique dont lui faisaient part assistants et élèves, mais aussi d’apprendre que le professeur Papachristos était sur le point de publier une monographie. Les deux années de congé à Innsbruck avaient été positives. Même si sa prochaine communication ne semblait pas devoir établir la preuve de la conjecture de Goldbach. Du reste, le bruit courrait, à l’école, qu’elle contenait de sérieuses avancées.

Apostolos Doxiadis

« oncle Petros et la conjecture de Goldbach »

Christian Bourgeois éditeur

approximation excessive, pardon

image http://le-mot-juste-en-anglais.typepad.com/le_mot_juste_en_anglais/2011/08/google-rend-hommage-au-mathématicien-français-pierre-de-fermat-.html

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour travail – mathématicien

  1. Je suis allé me documenter un peu sur la conjecture de Goldbach. Je m’incline devant la complexité de ce problème non résolu et je fais confiance à l’auteur de ces pages pour tisser une trame dramatique autour de cette énigme.

  2. Arlette dit :

    Un peu hermétique …… toutefois

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