Travail : Hôpital pour enfants

En matière de mensonges par omission aussi nous atteignons l’excellence et je ne faisais pas la fière plus qu’eux. Parfois, nous sommes obligés, j’étais obligée comme eux, par pure décence envers les parents, votre fille n’a pas encore franchi la barre, on touche du bois, j’avais de l’aplomb mais moins que Pierre, il a veillé personnellement sur Bouchard qui a fait ce qu’il y avait à faire, les parents ne se doutent pas qu’il s’y est pris comme un manche. À sa décharge c’était mal engagé depuis le début, il n’y a pas à s’en faire, on proposera « que les hommes et mes confrères accordent leur estime » au grand Bouchard qu’on décorera grâce aux prouesses accomplies sur ma fille entre autre, nous pouvons peu mais nous avons fait beaucoup, « que je sois déshonoré et méprisé si je manque à mes promesses », poursuivait Bouchard qui ressort Hippocrate à toutes les sauces, il n’a pas fait part de son inquiétude sur Sara qui était dans un drôle d’état, Bouchard souhaite qu’on n’oublie pas certaines bases à un exercice de notre métier en pleine mutation, il propose que tous les matins débutent par la récitation du serment d’Hippocrate, l’avez-vous oublié ?, avez-vous donc tous oublié que « je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences », quelles consciences ?, il y a un schisme entre ses adages et nos pratiques, Bouchard propose qu’on établisse un nouveau serment plus adapté à notre époque, il y veillera personnellement.

……. On pouvait toujours prétendre chez soi qu’on serait vigilant par la suite, l’hôtel-Dieu aura vite fait de nous contrer, on y revient par des propos que je ne peux encore aujourd’hui rapporter à moins de faire dans le trivial inimaginable de la part d’êtres responsables que nous sommes supposés être, on comprendra que sorti de cette structure on retombe difficilement sur ses pieds, Bouchard est un rouleau compresseur sur les vies personnelles, elles battent toutes de l’aile, ou plutôt battaient et iraient vite à nouveau très mal si on n’était d’une extrême vigilance de tous les instants.

Patrick Froehlich

« Hôtel-Dieu & l’enfant secoué »

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504912

image http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2009/10/26/002-Hopital-enfants-salle.shtml

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Travail : Hôpital pour enfants

  1. Expérience en milieu hospitalier qui mériterait une lecture attentive. Si rare dans notre littérature moderne.

  2. micheline dit :

    être sur le terrain pour penser et écrire en avance

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