Voyages sur web

à Genova avec l ‘élégant, riche site GE 9 http://www.erohee.net/ail/g9/, où se promener entre les neuf textes de neuf chapitre enchevêtrés, les 9 X 9 photos, le texte d’accompagnement.

« Passée la porte, traversée la rue, direction ailleurs. Passer de l’autre côté, vers l’autre rive : en être rassasié, en être demandeur.

Etre de chaque côté, du levant au ponent, d’est en ouest, de la ligne bleue à la ligne verte ;

Etre des deux côtés à la fois, ambo i lati, entrambi i lati, pouvoir traverser la frontière, poser des axes, créer la ville, s’enivrer de passages. »

..

« les étourneaux, qui sont comme une bête seule, comme le banc de poisson du fameux Guizzino, et se forme, se contorsionne, se défait, se délite, ils étaient là, les étourneaux, au départ, vers Vaison-la-Romaine, ils sont là, les mêmes ? à G quand j’arrive, alors que la lune est pleine et fait une grosse boule qui équilibre le paysage des montagnes pelées par le feu, tandis qu’en bas, tout en bas, il y a des amoncellements minuscules et infiniment nombreux de villes, de stations balnéaires, de routes, de rues et de maisons, et la mer, partout, qui semble déborder le flanc droit, ces trois dieux figés, lune, monts et mer »

à Beyrouth à travers les à-cejour-19 « fictions beyroutines et autres citadines » (photos de Laurence Skivée et textes de Cathie Barreau) comme la dernière http://remue.net/spip.php?article4345 (pour retrouver tous les liens de la série)

ou la XIII, au hasard :

« Dimanche, Shérine et Lisa ont rejoint la manifestation pour la laïcité. Elles ont marché du musée jusqu’au parlement dans le soleil d’avril. C’était joyeux tout le long de la ligne de démarcation. Elles déambulaient entre l’amour et la mort. Comme toujours. Mais là, plus fort, plus vite. Les lauriers roses et les murs de la fac de médecine ne semblaient pas se souvenir des combats…. »

ou, la dernière finalement :

« Un petit morceau de verdure et de calme dans le brouhaha de Beyrouth et ses banlieues a enseveli les corps des enfants naissants, des garçons et des filles, des jeunes filles, des femmes et des hommes vieux mais aussi d’hommes jeunes restés près d’eux ce jour-là de 1982. Etre vivant quand eux sont morts, entendre les voix bienveillantes de Shérine et Adnan là où l’horreur dans les cris eut lieu ; on resterait ici pour l’éternité, se dit l’étrangère. Et le temps ne passe pas, la respiration se fait ample, le vent est doux au bord de la fosse commune. Ici les morts veillent sur les vivants…. »

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Voyages sur web

  1. Cette grande bibliothèque qu’est devenu l’Internet n’aura de cesse de m’étonner. Que de trouvailles n’y fait-on pas? Passé rapidement sur GE 9. J’y reviendrai. Ne serait-ce que pour avoir le plaisir de m’y attarder.

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