Aux abords

On avait souvenir de ces villes, visitées au loin, ou surplombées lors de voyages, où coïncidait en harmonie la terre et le construire, la pierre des roches et l’élévation des murs. Ville noire et ses pentes raides celle qui aperçoit le volcan éteint, cases rouges d’argile empilées, pierre dorée au couchant dans l’horizon des Abruzzes. Dans ce pays d’eau, de vent, et d’étendues noires, le béton avait relayé la brique et le fer, les autoroutes semblaient se dérouler comme à générer d’elles-mêmes leur substrat. Et ces blocs aux murs vaguement jaunes, que prolongeaient les usines vides aux toits plats, qu’avaient-ils besoin de matière pour leurs alvéoles à chômeurs ? Pourtant c’est ici qu’on extrayait la pâte de la ville, qu’on la broyait, qu’on la mélangeait, qu’on l’expédiait dans ces fours et trémies où cela devenait matière. On avait seulement perdu que la ville aurait couleur de la plaie faite à la terre. Ici, personne de toute façon n’aurait pénétré : les routes contournaient au large. Les broyeuses et tapis se déployaient comme mues d’antennes indéfiniment déployables.

François Bon

«une traversée de Buffalo»

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503458

photo du livre (à partir de Google Earth)

À propos de brigetoun

paumée et touche à tout
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